Quand on devient femme d’expat…

J'ai décidé d'écrire ceci après avoir lu l'article Je suis devenue femme d'expat et j'ai perdu ma liberté dans Le Monde. On trouve pas mal de témoignages par des femmes qui ont suivi leurs partenaires / maris à l'étranger (par exemple sur le site FemmeExpat), mais ce qui me frappe à chaque fois que je lis ces témoignages c'est la façon dont ces femmes partent à l'étranger: sans vraiment de préparation.


Elles ne s'informent pas suffisamment sur le pays d'accueil. Parfois elles y ont séjourné auparavant pendant des vacances, mais rarement elles sont informées à propos de leurs droits en tant que accompanying partner (je n'aime pas le terme "trailing spouse" car il suggère une passivité que je trouve dangereuse...). Elles se trouvent souvent traitées comme des accessoires. C'est encore pire quand leur statut est celui de DP (Dependant Pass), c'est à dire, qu'elles et les enfants sont rattachés au visa de travail de leur époux, comme décrit Magali Cartigny dans l'article. 

La famille dont parle cet article, s'est expatriée à Singapour: une ville très internationale avec la plus large communauté d'expatriés

Lorsqu'on arrive dans le nouveau pays, on a une vision touristique. On observe les gens: comment ils s'habillent, comment ils se déplacent (en voiture, bus, train, à pied...), ce qu'ils mangent, la façon dont ils parlent... Peu à peu on s'aperçoit des choses qui sont différentes par rapport à ce qu'on est habitué. Les bruits, les odeurs, la lumière: tout ce que l'on accepte et même apprécie lorsqu'on passe les vacances dans cet endroit peut devenir insupportable ou difficile à gérer si on doit y fair face tous les jours.

Dans cet article, la femme a du mal à s'adapter aux 35 degrés, la pluie, les moustiques et le fait qu'elle doit emmener ses enfants à l'école à pied (un trajet de 30 minutes), l'école étant surclimatisée, les cours s'arrêtant à 15 heures. Ceci ne semble pas si terrible, mais pendant les premiers mois dans un nouveau endroit, les choses les plus simples commencent à devenir plus difficiles. Quand les petites choses de tous les jours sont tellement différentes, on se sent aliénés et la moindre chose inattendue nous demande beaucoup d'effort. Il faut ré-inventer sa vie, "relearn life from scratch": c'est comme apprendre une nouvelle langue...

Dans cet article on mentionne qu'il faut s'habituer aux pythons, mygales et cafards, et qu'il y a de la chance d'attraper la dengue, une infection virale bien connue des régions tropicales. Un des aspects les plus difficiles pendant l'expatriation est quand on tombe malade. Pour nombreux expatriés c'est la première raison pour répatrier. Se fair soigner à l'étranger est un des majeurs soucis et je conseille toujours de bien s'informer sur le service de santé.

Dans cet article on mentionne aussi les helpers. À Singapour comme dans d'autres pays comme UEA, Dubai etc. il est normal d'avoir des helpers, les nounous, qui vivent sous le même toit et qui s'occupent de la famille parfois 24/7. Je connais pas mal d'expatriés européens qui ont des problèmes à s'habituer à la façon dont ces helpers sont traités. Ce qui est décrit dans cet article du Monde est un cas de culture shock: une des phases de l'acclimatationCe n'est qu'une phase.

Si on garde notre esprit ouvert, on reste curieuse, si on cherche à découvrir ce qui est fascinant dans le nouveau pays et on ne prend pas tout trop au sérieux – il faut savoir rire de nous-même! – on arrivera a s'en sortir un peu plus vite. Et à propos de sortir: il faut qu'on parle aux gens! Peu importe si on parle la langue du lieu: il faut qu'on prenne l'initiative et trouve des gens qui ont fait les mêmes experiences que nous. C'est à ce point que l'on remontera la pente et qu'on réussira à bien profiter de cette expatriation! 

 

Si vous avez l'intention d'expatrier, ou si vous venez d'expatrier, je vous conseille le site de Internations pour trouver des premiers contactes (Meetup est un autre moyen d'entrer en contact avec d'autres expatriés). 

 

 

***

En tout cas, voici quelques questions qui vont vous aider à être mieux-préparée lors de votre expatriation. 

 

– Comment ma vie va-t'elle changer dans le pays d'accueil?

– Quelle sera ma nouvelle routine? – Contactez des autres expatriés pour en savoir plus! 

– Quels sont mes droits en tant que femme d'expat / accompanying partner dans le pays d'accueil?

– Ai-je le droit de travailler? Que faut-il que je fasse pour l'obtenir et combien de temps faut il pour l'obtenir?

– Aurai-je la même indépendance que dans mon pays d'origine, ai-je besoin d'être accompagnée par quelqu'un à tout temps?

– Ai-je le droit d'aller à pied, de conduire ma voiture librement ou ai-je besoin d'une permission spéciale/écrite?

– Quels vêtements ai-je le droit de porter dans le pays, y-a-t'il des restrictions? 

–Y-a-t'il des endroits où je n'ai pas le droit d'entrer? Suis-je à l'aise avec ces restrictions?

– Comment mes enfants iront-ils à l'école?

– Que faut-il que je fasse en cas de danger?

– Quels sont les numéros d'urgence? 

– Si jamais il fallait que je parte seule avec mes enfants: ai-je le droit de voyager sans mon mari/partenaire ou ai-je besoin de son consensus? (informez-vous sur la Convention de La Haye et de son application dans votre pays d'accueil)

– Aurai-je accès à mon compte en banque même si mon partenaire/mari n'est pas avec moi?

– Qu'en est il de mon assurance maladie: est-ce que je peux choisir le genre de traitement que je veux / dont j'ai besoin?

– Si moi ou un de mes enfants ne se sent pas à l'aise dans le pays, puis-je retourner aux pays d'origine (ou dans un autre pays)?

– Quel est le "worst case scénario"?

– Au pire des cas: qui va s'occuper des enfants, quels seront les conséquences légales?

 

Voici quelques aspects que vous devriez discuter avec votre partenaire:

– Combien de temps pourra-tu consacrer à la famille (par jour, semaine)?

– Que vas-tu faire pour garantir que moi et les enfants sont en sécurité pendant que tu travailles/ voyages hors du pays?

– Si je préfère être traité par des docteurs dans un autre pays, vas-tu garantir que cela sera possible?

– Vas-tu me soutenir dans ma recherche d'emploi / pour obtenir un permis de travail?

– Si je n'obtiens pas de permis de travail: quels sont mes options concernant ma carrière?

– Si jamais un des enfants ou moi-même on ne se sent pas à l'aise dans le pays, serais-tu d'accord que je quitte le pays avec les enfants (et tu nous rejoins le plus tôt possible)?

 

Je sais, ceci sont des questions bien sérieuses, mais prudence est mère de sureté... Je conseille toujours d'avoir un plan B au cas où le plan A ne fonctionne pas. La raison pour laquelle je conseille à tous les couples et familles de discuter tout les aspects d'une expatriation c'est parceque je sais que souvent on suppose être d'accord et qu'on s'attend les mêmes choses et on découvre plus tard – hélas, parfois trop tard! – que ce n'est pas le cas. Il faut qu'on soit sur la même longueur d'onde et que l'on sache ce que notre partenaire ressent, s'attend, de ce qu'il ou elle a besoin pourque non seulement l'expatriation mais le mariage n'en souffrent pas.

Si vous voulez, vous pouvez compléter mon Assessment for Internationals ou vous pouvez me contacter directement en m'envoyant un email à info@UtesInternationalLounge.com pour une consultation gratuite de 30 minutes.  

 

Je vous souhaite une très heureuse expatriation!  

 ~  Ute

 

 

 

 

* Vous pouvez trouver plus de détails concernant la The Hague Convention dans mon article "Before moving overseas with children, or when relocation fails"

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